Patrimoine

Tribunal


La maison communément appelée le “Tribunal” était sous l’Ancien Régime le siège de deux institutions. D’une part, la Sénéchaussée de Peyrat, avec à sa tête un Juge Sénéchal chargé de rendre la justice au nom du Roi (cette institution dépendait de la Sénéchaussée Royale de Montmorillon). D'autre part, l’administration des quatre Consuls. Depuis le XIIIième siècle, la cité de Peyrat le Château, considérée comme une ville libre était administrée par quatre de ses ressortissants: les  Consuls, élus par leurs pairs pour une durée d'un an (cette élection avait lieu le 22 février, jour de la Saint Pierre d'Antioche).
Les Consuls, avaient des fonctions administratives (gestion du domaine et des biens communaux, entretien des fortifications de la Cité), fiscales (collecte d’impôts au nom du Roi) et judiciaires (ils remplissaient l’office de nos tribunaux de commerce actuels pour régler les différents entre les divers corps de métiers) et ils siégeaient dans les affaires criminelles aux côtés du juge Sénéchal. Enfin, ils devaient rendre foi et hommage au Baron de Peyrat au nom des habitants de la ville (celui-ci en contrepartie devait jurer de respecter les Chartes et Privilèges conférés à la franchise de Peyrat).

La maison qui nous intéresse a été édifiée à la fin du XVième siècle. Le Baron Louis III de Pierrebuffière ayant accordé le 16 juin 1495 aux Consuls de Peyrat le droit de bâtir une Maison Communale. Cette maison fut donc en quelque sorte la propriété collective des habitants de Peyrat le Château jusqu’à la Révolution. En 1793, le premier maire de Peyrat la Montagne, Jean-Baptiste Conille, cabaretier de son état, célébrait les mariages civils dans l’ancienne salle d’audience du 
Tribunal située au premier étage, tandis que rez-de-chaussée avait été transformé en cabaret!
Il est à noter que ledit Conille à la faveur des temps troublés liés à la période révolutionnaire conserva comme sa propriété l’ancienne Maison Communale. Et c’est ainsi qu’il transmit semble-t-il en toute légalité cette maison à sa descendance.
La première matrice cadastrale de Peyrat le Château établie en 1834, fait état pour la parcelle n° 784 d’une maison d’habitation comportant dix portes et fenêtres ordinaires. Cette maison est la propriété de Léonard Conille aubergiste à Peyragout. Elle sera vendue en 1878 à André Glangeaud, boucher au bourg de Peyrat. A l’époque des prises de vues présentées ici, elle est toujours la propriété de cette famille.
La façade témoin de l’époque Renaissance a hélas disparu de notre patrimoine dans les années cinquante. Elle reste néanmoins encore très présente dans le cœur et les souvenirs des anciens Peyratois.
Il est cependant possible d’admirer la copie fidèle de deux éléments emblématiques de cette façade au château de l’Ile de Vassivière. Louis Léonard de Vassivière, puis sa fille Jeanne ont en effet fait procéder à la construction d’ailes (courant XIXème), puis d’une tour carrée (en 1930) s’ajoutant au château initial.

L'église

Cette carte a été prise aux alentours de 1915. La bâtisse située en haut à gauche était alors l’école des Sœurs de l’Ordre du Saint Sauveur. Cette construction fortement remaniée accueille de nos jours le presbytère. A noter, l’absence du vitrail de Saint Martin sur la façade est de l’église et la sacristie située alors près du portail d‘entrée.


Placée sous le patronage de Saint Martin, la plus grande partie de l’édifice date de la fin du Xième siècle. Brûlée le 7 février 1184 lorsque les Brabançons à la solde Comte de Toulouse s’emparèrent de Peyrat (il est possible d’observer sur les façades de nombreuses pierres rougies de toute évidence par l’action des flammes). Sa reconstruction fût entreprise au XIIIème siècle et sera achevée en 1490. Elle a été restaurée en 1863.
Nef unique de quatre travées avec deux porches latéraux. La chapelle nord a été rajoutée au Xvème siècle, son portail et le portillon bouché qui le jouxte seraient des éléments de l’ancienne église de Beaulieu détruite au cours de la Révolution.
Le porche méridional, entrée principale de l’église, est du type gothique limousin à trois voussures d’une élégante sobriété.
Les voûtes ogivales des quatre travées s’appuient chacune sur une clef de voûte décorée d’un motif différent: à la travée occidentale une main, puis un lion rugissant, l’Agneau Pascal surmonté d’une croix, enfin une marguerite pour la travée du sanctuaire.
Le rétable du sanctuaire est en bois sculpté du XVIIème siècle. Il a été modifié une première fois en 1916. Les deux éléments centraux du rétable ont été remplacés par le vitrail de Saint Martin (œuvre du maître verrier Chigot). Le tableau de l’Assomption de la Vierge Marie, peinture de 1676, se trouve maintenant dans la chapelle de l’entrée nord de l’église (ce tableau a été restauré en 1983).
La statue de Dieu le Père qui constituait le couronnement du rétable retrouvera sa place après la restauration intérieure de l’église. La deuxième modification date de 1966. Le maître autel, en granit du pays, était encastré dans le rétable. Il a été dégagé pour être placé au centre du chœur.
De chaque côté du rétable, deux statues: Saint Martial, fondateur de l’Eglise de limoges et Saint Martin de Tours dont les disciples ont été parmi les premiers évangélisateurs des campagnes limousines du Vème au VIIème siècle. Sur le bas-relief, une mise au tombeau et deux médaillons de facture originale.
Sur le mur nord, face à l’entrée, une Vierge de Pitié en bois peint du XVIème ou XVIIIème siècle, statue très fréquente dans les églises du Limousin (on remarquera l’expression douloureuse du visage de la Vierge). Au dessus, un Christ en Croix du XVIIème siècle.
Le clocher néogothique a été construit en 1893. Il serait d’ailleurs plus juste d’employer le terme de reconstruction, car l’église possédait déjà auparavant un clocher. Il s’est effondré au milieu du XIXème siècle (sans doute foudroyé). Néanmoins, il est encore possible d’en voir la trace dans la structure de la charpente.

La Tour

- Description de la tour :
De plan quadrangulaire (10,70m x 9,60m), elle est formée d'un escalier en granit de taille, à rampe en encorbellement de 120 marches, qui relie chaque étage et le cachot (pièce de 80m², ayant des murs de 4m d'épaisseur). Elle est composée de 4 étages voûtés. Dans le cachot, un escalier de 15 marches environ conduisait à une tour jumelle (Journaux locaux).
Le passage du Nord au Sud, sous la tour, traduit la route impériale "Montargis à Figeac", reconnue par Napoléon 1er. Un autre itinéraire, plus ancien n'a plus de tracé apparent. Le pavage mis à nu, est seul à apparaître sur toute la surface, excepté en son centre, la rigole ayant été mutilée lors des travaux d'installation des buses (XIX).
La face Est, est aveugle, mais on remarque l'amorce d'un montant de porte chanfreiné.

Sur la face Ouest, ont été positionnées les latrines, et les jours de l'escalier. Il s'agissait certainement de la résidence. A l'intérieur, la présence de cheminées , confirme cette hypothèse. 
Le dernier étage est plus récent: les murs sont moins épais, les appareils et ouvertures sont différents, et l'appareillage laisse deviner d'anciens mâchicoulis ou bretèche.
La porte Sud est brisée . Elle n'était pas un moyen défensif, car aucune marque militaire ne transparaît. A l'opposé, la porte Nord est formée de 2 arcs brisés décalés. On trouve des montants chanfreinés: une herse y était placée (vide de 3m au dessus de l'ouverture).
La tour ne porte pas de trace de pont levis, un élément d’habitude important pour une forteresse du XVème. A noter, les ouvertures côté nord, représentées par des couleuvrinières et des archères – canonnières.

La tour possède un chemin de ronde sommital. Le dernier niveau a été détruit et reconstruit ; on ignore la hauteur originelle de l’édifice, par contre on sait qu’elle est contournée par la route depuis 1834. 
Les sondages en profondeur ont atteint -1,46m, (pas plus, par mesure de sécurité) atteignant des pavages datant de la révolution. Le seuil du XV n’a donc pas pu être trouvé.
 
Le sous sol, enferme un ensemble rare dans la région. A quoi ont bien pu servir les 2 accès principaux ? Aucun élément de réponse viable ne nous est parvenu jusqu’à maintenant, même si certains disent qu’il s’agit là du départ de plusieurs galeries souterraines, …

L'étang

Créé au XVè siècle ( en 1449 plus exactement ) par le seigneur Louis de Pierrebuffière, l’étang de Peyrat-Le-Château a donné sa forme actuelle au bourg.
Couvrant aujourd’hui 8 hectares, sa superficie n’était que de 5 hectares à sa création. Au cours du temps, il a subi des évolutions : aménagé sur une terre de vergers et de prés, puis élargi par des fossés ….jusqu’à sa forme actuelle avec une digue construite pour retenir les eaux du Breuil qui alimente l’étang ( et dont le dernier aménagement remonte au XIXè siècle pour accueillir ce qui allait devenir la D940 : la route Montargis-Figeac ).
 
On peut se demander pourquoi au XVè siècle, on a tout d’un coup décidé de construire un étang à cet endroit. En fait, cette initiative venait répondre à plusieurs besoins :
- alimentation en eau de la ville
- réserve d’eau contre les incendies ( nombreux à l’époque )
- rouissage du lin (c.a.d. macération prolongée des plantes textiles dans l’eau afin d’obtenir la séparation de l’écorce filamenteuse d’avec la tige ligneuse )
- défense du côté Est de la ville et du château
 
Aujourd’hui, il a subi de nouveaux aménagements pour une exploitation touristique avec notamment la création d’une zone de baignade surveillée.
 
Le saviez-vous ?: en amont de cet étang ( vers le faubourg du Breuil ), il existait un autre étang aujourd’hui disparu dont l’existence est attestée par la carte de Cassini et le cadastre de 1834.